Dans l'ordre :

 

- l' AFP

- L'Humanité

- Le Monde

- 20 minutes

- Art-brèves

- Indymédia (article très pertinent sur la culture et la société du spectacle!)

- The Guardian (improve your English!)

 

 

 

PARIS (AFP) - Les squats d'artistes ont perdu une manche avec l'évacuation du Barbizon

Un ouvrier mure l'entrée du cinéma alternatif Le Barbizon dans le 13e arrondissement de Paris sous le regard de la police, le 18 octobre 2006 (Photo Dominique Faget/AFP)

 

Mercredi 18 octobre 2006, 18h48
Respect des normes de sécurité et du droit de la propriété contre ébullition créative: les squats d'artistes à Paris ont perdu une manche mercredi avec l'évacuation par la police du cinéma alternatif Le Barbizon, dans le XIIIème arrondissement.

Mais pour deux autres squats menacés eux aussi d'expulsion, La Générale dans le XIXème, et le Théâtre de Verre dans le Xème, l'horizon semble s'être éclairci, du moins pour quelque temps.

La police a évacué mercredi matin le cinéma Le Barbizon, au 141 rue Tolbiac, squatté depuis trois ans et demi par des artistes.

Le Conseil de Paris avait pourtant émis lundi le voeu que la préfecture de police ne procède pas à une mesure d'expulsion et au murage du cinéma, propriété d'une société chinoise basée à Hong Kong.

"C'est un véritable coup de force", a déploré Thierry Wurtz, président de l'association des Amis de Tolbiac, qui anime cet espace culturel.

La préfecture de police a mis en avant les problèmes de sécurité constatés par un de ses inspecteurs.

Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë a "regretté" cette évacuation "inutile", soulignant dans un communiqué qu'"il eut suffi de prescrire les mesures de sécurité nécessaires".

En revanche, alors que l'évacuation du squat La Générale, à Belleville, était prévue "pour le début de cette semaine", l'adjoint (PS) au maire de Paris chargé de la Culture, Christophe Girard, a déclaré avoir pu obtenir de la préfecture que cette mesure soit "suspendue".

Sentant monter la pression, La Générale, collectif d'artistes qui squatte depuis février 2005 un bâtiment désaffecté de l'Education nationale au 12 rue du Général Lasalle, avait alerté la Mairie de Paris.

Dans la foulée, le Conseil de Paris avait émis le voeu qu'aucune mesure d'expulsion ne soit mise en oeuvre pendant les négociations en cours avec l'Etat, qui prévoit de transformer le bâtiment en unité psychiatrique.

La mairie de Paris s'est également démenée pour éviter l'évacuation imminente du Théâtre de Verre, collectif d'artistes qui squatte depuis deux ans un ancien entrepôt de la SNCF, 27 rue de l'Echiquier. Jouant les médiateurs, elle a obtenu que la procédure d'expulsion soit gelée et suggère à la SNCF de faire un bail de durée limitée jusqu'aux travaux de rénovation du site prévus au plus tard fin 2007.

"Nous sommes soulagés d'avoir obtenu ce répit", a indiqué à l'AFP Luis Pasina, de l'association Co-Arter qui anime ce lieu alternatif et revendique 8.000 adhérents. "Nous sommes des nomades. Nous ne revendiquons pas forcément un lieu pérenne", explique ce plasticien d'origine uruguayenne. "La solution du bail précaire avec la possibilité d'avoir accès à d'autres friches ensuite, cela nous convient", a-t-il relevé.

"Squatteur depuis trente ans", Luis Pasina trouve que "c'est plutôt moins difficile" depuis l'élection de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris. "Avant, il n'y avait aucune possibilité de négocier. C'était violent. On en ressortait avec un oeil au beurre noir", se souvient-il.

La Ville de Paris mène une politique active en direction des lieux de création. Elle a notamment racheté les emblématiques Frigos dans le XIIIème en 2004. Plus récemment, elle a acquis un immeuble squatté au 59 rue de Rivoli (Ier) pour le consacrer à la création plastique.

 

 


© AFP

culture
L’essentiel

Paris. Évacuation d’un squat d’artistes dans le 13e

Malgré une demande de sursis du Conseil de Paris, la police

a fait évacuer hier matin le cinéma alternatif Le Barbizon, squatté depuis 2003 par des artistes. « La police est arrivée vers 7 h 15, alors que des élus de Paris avaient demandé un sursis »,

a déclaré Thierry Wurtz, qui anime cet espace culturel.

« Je regrette que le vote du Conseil de Paris n’ait pas eu d’influence sur le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police », a déclaré Christophe Girard, adjoint au maire de chargé de la culture. Cet espace ouvert au public appartient à une société de Hong Kong et avait été abandonné pendant 20 ans.

 

Jeudi 19 Octobre 2006

La police expulse un squat d'artistes dans le 13ème

Le murage que les services de Police ont effectué au cinéma Barbizon dans le 13e arrondissement de Paris est inacceptable. Il l’est d’autant plus que le Conseil de Paris vient de se prononcer contre l'expulsion des animateurs et le murage de ce lieu et en faveur de l'élaboration d'un projet culturel de proximité en concertation avec les animateurs actuels. Rappelons que le Préfet de Police de Paris est représenté à chaque Conseil de Paris et ne pouvait donc ignorer cette prise de position datant d'hier !

Cette volonté du Conseil de Paris marque son soutien aux nombreuses actions de l’association « Les amis de Tolbiac » qui fait vivre le lieu, aux populations du quartier tout comme aux démarches des représentants de la mairie du 13e arrondissement dont Francis Combrouze, Conseiller de Paris. Quant au Maire de Paris il regrette cette évacuation par la Préfecture de Police.

Pourtant Barbizon se situe dans une volonté de pérenniser le cinéma en l’ouvrant à plusieurs expressions (théâtre, expositions, littérature, débats de société…) grâce à une programmation diversifiée.

Attachés à cette vocation culturelle et sociale de ce lieu les élus communistes exigent une annulation pure et simple de la mesure de ce matin. Nicole Borvo, Sénatrice de Paris, est intervenue en ce sens auprès du Ministre de l'Intérieur et du Préfet de Police.

Paris, le 18 octobre 2006

publié par PCF Paris 14 dans: Un toit pour tous

 


 

Plusieurs squats artistiques menacés d'expulsion à Paris

LE MONDE | 19.10.06 | 16h20  •  Mis à jour le 19.10.06 | 16h20

Le 18 octobre 2006, un ouvrier mure l'entrée du Barbizon (Paris-13e). La police avait évacué le matin même les artistes qui squattaient le cinéma depuis trois ans.

AFP/DOMINIQUE FAGET

 

La police est intervenue, mercredi 18 octobre à l'aube, pour vider et murer Le Barbizon, dans le 13e arrondissement de Paris, un cinéma désaffecté devenu lieu d'animation culturelle.

Fermé depuis vingt et un ans, ce cinéma situé au 141 de la rue de Tolbiac était depuis 2003 un espace consacré à la production de pièces de théâtre, de spectacles, de projections, d'expositions et de manifestations d'associations "en décalage avec la culture commerciale traditionnelle", affirme Thierry Wurtz, président de l'Association des amis de Tolbiac qui gère le lieu depuis 2003.

La préfecture de police de Paris invoque des raisons de sécurité et une décision de justice pour justifier l'évacuation du bâtiment. Son propriétaire, la société Continental King Lung Limited, basée à Hongkong, avait gagné en 2003 un recours en justice contre les occupants squatteurs.

"Il n'y avait pas plus d'urgence à nous expulser aujourd'hui qu'hier, affirme Thierry Wurtz, d'autant que nous étions en train de résoudre les problèmes de sécurité. C'est une décision stupide qui va récréer de l'insalubrité. Les rats vont recommencer à sortir du Barbizon." Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a "regretté" cette évacuation "inutile".

Deux autres lieux de création parisiens sont sous le coup d'une expulsion imminente. Un collectif d'artistes, Le Théâtre de Verre, squatte au 27, rue de L'Echiquier, dans le 10e arrondissement, un terrain appartenant à la SNCF, qui voudrait le récupérer. La Mairie de Paris a obtenu que la procédure d'expulsion soit gelée.

Dans le quartier de Belleville, côté 19e arrondissement, les 125 membres du collectif La Générale, 12, rue du Général-Lasalle, devaient être expulsés eux aussi le 18 octobre. Le squat a obtenu un sursis d'une dizaine de jours.

Florian Lapeyre, membre du collectif, estime que "faire vider les lieux par la police n'aurait pas été du meilleur effet politique au moment où certains d'entre nous exposent à la FIAC". La Foire internationale de l'art contemporain se tient du 26 au 30 octobre, à Paris.

DE L'USINE AU COLLÈGE

Ancienne usine à chaussures de 6 000 mètres carrés située sur un terrain qui appartient au ministère de l'éducation nationale, le bâtiment, occupé depuis février 2005, doit être vendu à Icade, une filiale de la Caisse des dépôts pour y réaliser des travaux afin d'accueillir 120 lits de l'hôpital psychiatrique de Maison-Blanche.

La Mairie de Paris veut rapatrier dans la capitale cet établissement actuellement installé à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). La banque souhaite réaliser la transaction au plus vite mais à condition que les locaux soient vides. Ce qui expliquerait les menaces d'expulsion. L'adjoint (PC) à la santé, Alain Lhostis, ainsi que les élus communistes parisiens, dont Jean Vuillermoz, président du groupe et membre du conseil d'administration de Maison-Blanche, militent pour l'installation rapide de l'hôpital.

Lundi 16 octobre, le Conseil de Paris avait adopté, à l'instigation des Verts, deux voeux demandant que soient repoussées les expulsions du Barbizon et de La Générale. Adjoint (PS) chargé de la culture, Christophe Girard est intervenu auprès du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, pour demander qu'une solution de relogement des artistes soit trouvée avant l'expulsion. M. Girard et le maire (PS) du 19e, Roger Madec, proposent que les artistes s'installent dans une annexe du lycée hôtelier Jean-Quarré de 2 000 mètres carrés, 26, rue du Docteur-Potain (19e).

Le ministère de l'éducation nationale n'y serait pas opposé. En revanche aucune solution ne semble envisagée pour Le Barbizon. Dans son plan local d'urbanisme, voté en juin, la Ville a classé ce site parmi les lieux à vocation culturelle. "Mais nous n'avons pas l'intention de le racheter", affirme M. Girard.

Depuis 2001, la ville a régularisé la situation de plusieurs squats. Elle a ainsi racheté les Frigos dans le 13e et le 59, rue de Rivoli dans le 1er. Mais du fait du coût de l'immobilier et du manque d'ateliers, les artistes investissent les lieux en déshérence. "Chacun de nous, affirme M. Lapeyre, reçoit des dizaines de coups de fil par jour d'artistes cherchant un local pour travailler."

Béatrice Jérôme

Article paru dans l'édition du 20.10.06

  

 

20 Minutes | édition du 19.10.06

Le squat du Barbizon évacué

 

 

20 Minutes | édition du 19.10.06

 


Coup dur pour l'un des trois squats d'artistes parisiens menacés d'expulsion. Hier au petit matin, les animateurs de l'ancien cinéma Le Barbizon, situé rue de Tolbiac (13e), ont été évacués par les forces de police et les issues ont été murées. Cette décision intervient alors que le conseil de Paris avait voté la veille un voeu en faveur de la suspension de la procédure d'expulsion et de l'élaboration d'un projet culturel de proximité. « La préfecture a mis en avant des problèmes de sécurité, alors que nous faisions signer une décharge à chaque personne qui rentre dans les locaux », a expliqué hier le président de l'association des Amis de Tolbiac, qui organise des projections, des pièces de théâtre et des expositions depuis trois ans et demi. Si bien que le cinéma alternatif risque de retourner à l'état d'abandon dans lequel il était resté pendant vingt ans.

Du coup, les artistes squatteurs du Théâtre de Verre (10e), comme ceux du collectif la Générale, installés depuis février 2005 dans un immeuble désaffecté de Belleville (19e), restent sur leurs gardes. Ces derniers n'ont pas été expulsés hier matin, contrairement à ce qu'ils redoutaient, mais « la menace d'être mis à la porte plane toujours au-dessus de nos têtes », expliquait hier Judith, une des artistes. L'Etat souhaitant vendre le bâtiment à l'hôpital Maison-Blanche pour y installer une unité psychiatrique de 120 lits, des artistes ont mis à l'abri leurs effets personnels et des sculptures, fragiles ou volumineuses. « Au cas où. »

Laure de Charette

 

 

 

 

Evacuation d'un squat d'artistes dans le XIIIe arrondissement de Paris


 

 

 

 

 

 

 

20Minutes.fr avec AFP | 18.10.06 | 17h24

La police a procédé mercredi matin à l'évacuation du cinéma alternatif Le Barbizon, dans le XIIIème arrondissement de Paris, squatté depuis trois ans et demi par des artistes, a-t-on appris auprès des occupants, malgré une demande de sursis du Conseil de Paris.

"La police est arrivée vers 7H15, c'est un véritable coup de force, alors que des élus de Paris avait demandé qu'aucune expulsion n'intervienne pour l'instant", a déclaré Thierry Wurtz, président de l'association des Amis de Tolbiac, qui anime cet espace culturel.

"La préfecture a mis en avant des problèmes de sécurité mais nous faisions signer une décharge à chaque personne rentrant dans les locaux", a poursuivi M. Wurtz qui a qualifié la décision d'expulsion de "stupide". "Ils sont en train de murer les issues", a-t-il précisé.

Interrogée, la préfecture de police n'était pas en mesure de confirmer l'opération mercredi à 8H00.

Plusieurs squats artistiques parisiens, sentant monter autour d'eux les menaces d'expulsion, avaient entrepris de sensibiliser élus, associations et habitants de leur quartier à leur combat depuis plusieurs jours.

Les occupants du cinéma Le Barbizon craignaient une expulsion après plusieurs visites de la préfecture et du commissariat de police.

Situé au 141 rue Tolbiac, le cinéma date du début du siècle. Abandonné pendant vingt ans, il est occupé depuis trois ans et demi par cette association qui organise des projections, des représentations théâtrales, des expositions et des débats de société.

A la suite d'une plainte du propriétaire des lieux, la Société Continental King Lung Limited, basée à Hong Kong, la justice a estimé que les Amis de Tolbiac étaient expulsables.

Mais le Conseil de Paris a émis lundi le voeu que la préfecture de police ne procède pas à une mesure d'expulsion et au murage du cinéma.

Le Conseil de Paris a également souhaité qu'aucune mesure d'expulsion ne soit mise en oeuvre pendant les négociations en cours avec les artistes occupant depuis février 2005, La Générale, un bâtiment désaffecté de l'Education nationale au 12 rue du Général Lasalle, dans le XIXe arrondissement.

Le Théâtre de Verre, collectif d'artistes qui squatte un bâtiment de la SNCF, 27 rue de l'Echiquier dans le Xe arrondissement, est lui aussi menacé d'expulsion.

 

© 2006 AFP

 

Jeudi 19 Octobre 2006

Suite à l'expulsion du Barbizon

 

L’évacuation et l'emmurement de l’ancien cinéma Le Barbizon (141 rue de Tolbiac - 13ème arr.) ont été opérés  par la préfecture de police, le 18 octobre au matin. Bertrand Delanoë regrette amèrement cette décision et rappelle que le conseil de Paris avait voté, le 16 octobre, un vœu en faveur de la suspension de cette procédure.

 
Tout comme le maire du 13ème Serge Blisko et Christophe Girard l’adjoint chargé de la culture, Bertrand Delanoë estime que cette expulsion était inutile. Il considère, par ailleurs, que le projet culturel développé depuis 3 ans et demi par l’association des Amis de Tolbiac (après plus de vingt ans d’abandon du cinéma) répondait à l’obligation faite par le Plan local d’urbanisme de réserver ce site au développement d’un projet culturel de proximité, rappelée par le vœu du conseil de Paris.
Le maire de Paris craint un retour à l’abandon du bâtiment si le propriétaire ne se manifeste pas. Il souhaite donc qu’une discussion s’engage avec lui afin d’examiner les modalités selon lesquelles un projet culturel pourrait être mis en place.

 
L’association des Amis de Tolbiac appelle au rassemblement samedi 21 octobre 2006 à partir de 17h sur les parpaings que la préfecture a laissés. Chacun pourra participer avec ses  pinceaux, couleurs, bombes, instruments de musique en tout genre, etc. A 20h : projection sur le mur du Barbizon de Souriez, vous êtes murés ! portant sur les événements survenus le 18 octobre 2006 à 7h18

 
Une réunion est également prévue le 25 octobre à 19h30 à la Maison des Associations située au 11, rue Caillaux (13ème arr. – métro Maison blanche).

publié par Jean-david Boussemaer dans: Art - brèves


INDYMEDIA Paris-IdF

 

Fermeture du barbizon sur ordre de la mairie et de sarkozy, quand les elus et sarkozy entendent le mot culture ils sortent les parpaings et les matraques

Mur de parpaings

C'est avec un mur de parpaings que la préfecture de Paris a décidé de bâillonner cet ancien cinéma réhabilité en espace culturel polyvalent.

Sis au 141, rue de Tolbiac, à Paris 13, le Barbizon retourne à ce silence qu'une bande de joyeux lurons étaient parvenus à rompre en procédant à sa réouverture en 2002.

Né dans le plein essor des salles de cinéma à Paris entre 1905 et 1914 environ. Rebaptisé le Family Cinéma puis le Barbizon, il a été ouvert sans discontinuer de 1911 à sa dernière séance le 23 mars 1983. Pendant 20 ans, il est resté fermé alors que la ville de Paris manquait cruellement d'espaces où puissent s'exprimer une Culture qui ne soit pas muselée par les nécessités de la "marchandise".

Après son ouverture en fanfare, une association - "Les Amis de Tolbiac" - milite pour sa sauvegarde et organise de manière entièrement autogérée des séances de cinéma, des débats et rencontres, des pièces de théâtre, des expositions, des concerts et de nombreux évènements festifs. Rapidement, elle reçoit le soutien d'associations, d'habitants du quartier, d'artistes, et de certains élus de la Mairie d'arrondissement.

On assistait là à une véritable renaissance de ce cinéma chargé d'histoire. Devenu, au fil du temps, un lieu de convergence et d'échanges où se croisaient des individus aussi divers que variés, issus de tous les horizons sociaux et culturels, le Barbizon instillait un peu de bonne vie dans une ville rendue presque atone par une "certaine politique" et ses seconds couteaux. En tant qu'alternative à l'atrophie des intelligences que le "Spectacle" organise depuis des décennies, le Barbizon n'était pas seul. Plusieurs autres lieux alternatifs officient aussi dans Paris et sa banlieue. Chacun d'entre eux à ses spécificités, son "style", ses domaines de prédilection et probablement ses défauts. Mais ils ont aussi en commun une forte créativité qui se déploient en marge de la Culture assise et muséologique ; en marge aussi de cette culture de l'ennui qui tente de réanimer les rues exsangues que le petit peuple de naguère faisait chanter sous ses pas de danse. En marge enfin des bouffonneries médiatiques et autres opérations marketing, dont l'indigence n'a d'égal que la pauvreté des contenus. Nombre d'entre eux sont déjà tombés avant le Barbizon. D'autres risquent de subir le même sort après lui..

Oui... Une "certaine politique" fait son grand nettoyage pré-électoral au karcher. Elle veut faire place net sur l'Agora pour y installer ses imposants tréteaux de foire et ses vendeurs à la criée. Elle veut être la seule à s'exprimer sur la société au sein de laquelle nous vivons et agissons. Et s'il doit y avoir un "point de vue culturelle" sur les questions de société, elle aura recours à sa clique de " culturocrates " dûment appointés pour l'exprimer. Va voter et tais-toi

Dès lors qu'une "certaine politique" rêve depuis déjà longtemps d'une société lisse et homogène, pacifiée et docile. Dès lors que son pendant économique anéantit la formidable diversité des formes que prend la vie. Dès lors que sa myriade de technocrates transpose ce programme d'appauvrissement à nos légumes et nos fruits, il semble logique qu'elle cherche à en finir avec la diversité socioculturelle qui échappe encore à son contrôle. La chute du Barbizon et des autres n'est qu'un moment de cette longue entreprise d'éradication de toutes les "mauvaises herbes". Mais ils sont tellement ignares qu'ils ne comprennent toujours pas que les mauvaises herbes sont tenaces et reviennent quoiqu'on fasse car elles participent du génie de la vie

jim

The battle for Paris


The squatter art scene in the French capital is so big it's on the tourist trail. But now the riot police are moving in. By Angelique Chrisafis

Thursday October 26, 2006
The Guardian

Workers brick up the squatted art venue Le Barbizon
Workers brick up the squatted art venue Le Barbizon. Photograph: Dominique Faget/AFP
 

The riot police arrived before dawn. Dozens of officers carrying riot shields, batons and tear gas parked their vans on an avenue on the fringes of Paris's Left Bank, ready for a confrontation. But the handful of film directors and actors inside the disused art deco cinema surrendered without a fight. They emerged blinking as police confiscated their projection equipment and theatre props, then bricked up the facade.

Le Barbizon, once one of Paris's turn-of-the-century "family cinemas", faced ruin in the 1980s, screening kung fu and porn films to stay alive, before shutting down and lying derelict and rat-infested for 20 years. Then, in 2003, a group of directors and actors broke in, secretly renovated it and turned it into an illegally squatted 100-seat showcase for plays and short films, as well as cinéma militant documentaries on the environment and the impact of France's nuclear power industry.

Like a dozen other illegal arts venues in Paris - empty factories, warehouses and parcel depots invaded and reclaimed by artists, designers and film-makers who can't afford the city's studio rents - Le Barbizon was a fixture on the local arts scene. It was supported by its neighbours, who were grateful for a cultural attraction, and an end to the rats, and its work was recommended by the local mayor. Thousands went to its screenings.

The raid on Le Barbizon and the threat of a string of other police evictions of squats artisques has panicked culture officials at Paris's city hall, who believe the capital's long tradition of squats and illegally occupied buildings are crucial to breathe life into its stultified arts scene. So integral are squats to Paris's cultural infrastructure that four years ago the city hall paid 7m euros to buy and renovate the most conspicuous one, 59 rue de Rivoli, a former bank not far from the Louvre, whose studio spaces showed street art, Duchamp-inspired sculpture, and trompe l'oeil paintings. With an estimated 40,000 visitors a year drawn by debris-sculptures hanging out of its windows, it was said by its illegal occupants to be the third most popular contemporary arts centre in Paris after the Pompidou Centre and the Jeu de Paume.

The city also rushed to buy up Les Frigos, empty cold-storage units near the Seine illegally occupied by artists and sculptors for 20 years. Now an established gallery and studio space, it sits near François Mitterrand's last "grand projet", the National Library. Even the Palais de Tokyo, a new official gallery space that the government hoped would kick-start France's ailing art scene, has hosted festivals of

squat art, inviting in installation and video artists from squats for heated debates. The notion of le squat artisque has become so mainstream in Paris that many are tourist attractions.

But the town hall's cultural leaders now fear the police and central government are putting the tradition in jeopardy in a clean-up of the city. Paris officials last week voted to protect Le Barbizon, as well as Paris's biggest arts squat, La Générale, an old shoe factory in Belleville occupied by 125 artists, film-makers and fashion designers.

Last Saturday, Le Barbizon's evicted directors projected a protest film on to their walled-up façade called: Smile, You've Been Bricked Up. Dozens of police again pulled up in vans, cordoned off the cinema and stood guard. Councillors pleaded with the police. Passers-by and shoppers joined the chorus: "Cops confiscate popular culture!"

"This is all about Nicolas Sarkozy," says Thierry Wurtz, the theatre director who ran Le Barbizon. He sees the crackdown on the squats as part of centre-right interior minister Sarkozy's campaign to be president. Sarkozy has already scored points, evicting hundreds of immigrants from France's biggest squat in the south of Paris. "He's just making a public show. I don't think he gives a shit about culture or artists."

Eric Offredo, a socialist councillor at the protest, says: "Paris is known for its big venues, its operas, cinemas, and the Louvre, but when culture becomes part of the establishment, we need to re-invent it. Art has to live and breath; these experimental spaces are crucial,"

Across the city, at La Générale, the biggest art-squat in Paris, artists were arriving for work. In one film-maker's office on the fourth floor, empty champagne bottles sat on a boardroom table surrounded by black leather chairs, with sweeping views over the rooftops of Paris. Around 125 artists work here on four floors of well-ordered studio space. They detest the term squat artistique and, like most other artists who have reclaimed derelict buildings, don't actually live there on mattresses , but rather turn them into tightly run work spaces and galleries.

La Générale has three exhibition spaces, a cinema and a photography lab, and has been used by more than 100 theatre companies and various fashion designers. Le Parisien newspaper calls it an "ideal city of art". But the building is owned by the ministry of education and there are plans to turn it into a psychiatric hospital.

"It would be a scandal for police to evict us when some people here are to show their work at Paris's international contemporary art fair this week," says Vladimir Najman, a Serbian-born economist who helps run the collective.

Arts leaders at Paris's city hall believe that work produced in squats could be a cure for the art establishment's malaise. The city of Picasso, Monet, Degas, Lautrec, Rodin, Van Gogh, and birthplace of just about every major art movement of the past 100 years, is now feared by critics to be in the artistic wilderness. Its scene has been in slow decline, stifled by bureaucracy and state control of spaces, and unable to compete with London, New York or Berlin.

Installation artist Eric Baudart, 34, sells in a gallery in the hip Marais area. Paris city hall has bought his work - pieces on transport, such as giant windscreens and road photos, as well as minimalist stone sculptures, some of which will show at the international contemporary art fair. But he still has to work in La Générale. "There is nowhere else like this in Paris," he says. "It's an autonomous space away from the officialdom of the arts world, where artists run their own studios for free. I've never produced as much work as I have since coming here."

Andrei Panibratchenko, the kilt-wearing charismatic founder of the squat, says: "Ever since Picasso and Chagall, modern artists in France have occupied spaces without paying rent; it's not going to stop now. Officialdom in Paris is creating heritage, not living art. No one is taking risks any more, so we feel we have to carry on.

"We want to prevent an eviction at La Générale, but whatever happens, the ethos of our project will continue elsewhere. At any given time I know where the empty buildings are in this city and what we could take over."

So important is La Générale, in fact, that the French culture minister promised this week that, although the eviction won't be stopped, the collective would be found a new space. But whether the squatters would want to work there remains to be seen.

Back at the gallery on Friday evening, a group of US visitors, giving whatever cash donation they chose, trooped into one of the tiny gallery spaces to look at installations such as a bucket of concrete thrown at a wall, and a large corrugated iron barrier filling a white room.

"I'm not opposed to the establishment. A lot of us work with institutions," says Sarah Fauguet, 28, who grew up nearby and has worked at La Générale since graduation from the prestigious Beaux Arts college. "But we're buying time here to create. I remember as a kid being taken by my parents to protest outside Les Frigos, which was under threat of eviction - now it's part of the Paris establishment."

The irony, however, is that it is that establishment, and the heavy bureaucracy that goes with it, that most squatters are trying to avoid.


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