Dans l'ordre :
- Indymédia (article très pertinent sur la culture et la société du spectacle!)
- The Guardian (improve your English!)
PARIS
(AFP) - Les squats d'artistes ont perdu une manche
avec l'évacuation du Barbizon
Un
ouvrier mure l'entrée du cinéma alternatif Le Barbizon dans le 13e
arrondissement de Paris sous le regard de la police, le 18 octobre 2006 (Photo
Dominique Faget/AFP)
Mercredi 18 octobre
2006, 18h48
Respect des normes de sécurité et du droit de la propriété contre ébullition
créative: les squats d'artistes à Paris ont perdu une manche mercredi avec
l'évacuation par la police du cinéma alternatif Le Barbizon, dans le XIIIème arrondissement.
Mais pour
deux autres squats menacés eux aussi d'expulsion, La Générale dans le XIXème, et le Théâtre de Verre dans le Xème,
l'horizon semble s'être éclairci, du moins pour quelque temps.
La police a
évacué mercredi matin le cinéma Le Barbizon, au 141 rue Tolbiac, squatté depuis
trois ans et demi par des artistes.
Le Conseil de
Paris avait pourtant émis lundi le voeu que la préfecture de police ne procède
pas à une mesure d'expulsion et au murage du cinéma, propriété d'une société
chinoise basée à Hong Kong.
"C'est
un véritable coup de force", a déploré Thierry Wurtz, président de
l'association des Amis de Tolbiac, qui anime cet espace culturel.
La préfecture
de police a mis en avant les problèmes de sécurité constatés par un de ses
inspecteurs.
Le maire
socialiste de Paris Bertrand Delanoë a "regretté" cette évacuation
"inutile", soulignant dans un communiqué qu'"il eut suffi de
prescrire les mesures de sécurité nécessaires".
En revanche,
alors que l'évacuation du squat La Générale, à Belleville, était prévue
"pour le début de cette semaine", l'adjoint (PS) au maire de Paris chargé
de la Culture, Christophe Girard, a déclaré avoir pu obtenir de la préfecture
que cette mesure soit "suspendue".
Sentant
monter la pression, La Générale, collectif d'artistes qui squatte depuis
février 2005 un bâtiment désaffecté de l'Education nationale au 12 rue du
Général Lasalle, avait alerté la Mairie de Paris.
Dans la
foulée, le Conseil de Paris avait émis le voeu qu'aucune mesure d'expulsion ne
soit mise en oeuvre pendant les négociations en cours avec l'Etat, qui prévoit
de transformer le bâtiment en unité psychiatrique.
La mairie de
Paris s'est également démenée pour éviter l'évacuation imminente du Théâtre de
Verre, collectif d'artistes qui squatte depuis deux ans un ancien entrepôt de
la SNCF, 27 rue de l'Echiquier. Jouant les médiateurs, elle a obtenu que la
procédure d'expulsion soit gelée et suggère à la SNCF de faire un bail de durée
limitée jusqu'aux travaux de rénovation du site prévus au plus tard fin 2007.
"Nous
sommes soulagés d'avoir obtenu ce répit", a indiqué à l'AFP Luis Pasina, de l'association Co-Arter
qui anime ce lieu alternatif et revendique 8.000 adhérents. "Nous sommes
des nomades. Nous ne revendiquons pas forcément un lieu pérenne", explique
ce plasticien d'origine uruguayenne. "La solution du bail précaire avec la
possibilité d'avoir accès à d'autres friches ensuite, cela nous convient",
a-t-il relevé.
"Squatteur
depuis trente ans", Luis Pasina trouve que
"c'est plutôt moins difficile" depuis l'élection de Bertrand Delanoë
à la Mairie de Paris. "Avant, il n'y avait aucune possibilité de négocier.
C'était violent. On en ressortait avec un oeil au beurre noir", se
souvient-il.
La Ville de
Paris mène une politique active en direction des lieux de création. Elle a
notamment racheté les emblématiques Frigos dans le XIIIème
en 2004. Plus récemment, elle a acquis un immeuble squatté au 59 rue de Rivoli
(Ier) pour le consacrer à la création plastique.
© AFP
Paris. Évacuation
d’un squat d’artistes dans le 13e
Malgré une demande
de sursis du Conseil de Paris, la police
a fait évacuer hier matin le cinéma
alternatif Le Barbizon, squatté depuis 2003 par des artistes. « La police
est arrivée vers 7 h 15, alors que des élus de Paris avaient demandé un
sursis »,
a déclaré Thierry Wurtz, qui anime cet
espace culturel.
« Je regrette
que le vote du Conseil de Paris n’ait pas eu d’influence sur le ministère de
l’Intérieur et la préfecture de police », a déclaré Christophe Girard,
adjoint au maire de chargé de la culture. Cet espace ouvert au public
appartient à une société de Hong Kong et avait été
abandonné pendant 20 ans.
Jeudi 19 Octobre 2006
La police expulse un squat
d'artistes dans le 13ème
Le murage que les
services de Police ont effectué au cinéma Barbizon dans le 13e arrondissement
de Paris est inacceptable. Il l’est d’autant plus que le Conseil de Paris vient de
se prononcer contre l'expulsion des animateurs et le murage de ce lieu et en
faveur de l'élaboration d'un projet culturel de proximité en concertation avec
les animateurs actuels. Rappelons que le Préfet de Police de Paris est
représenté à chaque Conseil de Paris et ne pouvait donc ignorer cette prise de
position datant d'hier !
Cette volonté du Conseil de Paris marque son soutien aux nombreuses actions de
l’association « Les amis de Tolbiac » qui fait vivre le lieu, aux populations
du quartier tout comme aux démarches des représentants de la mairie du 13e
arrondissement dont Francis Combrouze, Conseiller de
Paris. Quant au Maire de Paris il regrette cette évacuation par la Préfecture
de Police.
Pourtant Barbizon se situe dans une volonté de pérenniser le cinéma en
l’ouvrant à plusieurs expressions (théâtre, expositions, littérature, débats de
société…) grâce à une programmation diversifiée.
Attachés à cette vocation culturelle et sociale de ce lieu les élus
communistes exigent une annulation pure et simple de la mesure de ce matin.
Nicole Borvo, Sénatrice de
Paris, est intervenue en ce sens auprès du Ministre de l'Intérieur et du Préfet
de Police.
Paris, le 18 octobre 2006
publié par PCF Paris 14 dans: Un toit pour tous
LE MONDE | 19.10.06 |
16h20 • Mis à jour le 19.10.06 | 16h20
Le 18 octobre 2006, un ouvrier mure l'entrée du Barbizon
(Paris-13e). La police avait évacué le matin même les artistes qui squattaient
le cinéma depuis trois ans.
AFP/DOMINIQUE FAGET
La police est intervenue,
mercredi 18 octobre à l'aube, pour vider et murer Le Barbizon, dans le 13e
arrondissement de Paris, un cinéma désaffecté devenu lieu d'animation culturelle.
Fermé depuis vingt et un ans, ce cinéma situé au 141 de la rue
de Tolbiac était depuis 2003 un espace consacré à la production de pièces de
théâtre, de spectacles, de projections, d'expositions et de manifestations
d'associations "en décalage avec la culture commerciale
traditionnelle", affirme Thierry Wurtz, président de l'Association des
amis de Tolbiac qui gère le lieu depuis 2003.
"Il n'y avait pas plus d'urgence à nous expulser
aujourd'hui qu'hier, affirme Thierry Wurtz, d'autant que nous étions en
train de résoudre les problèmes de sécurité. C'est une décision stupide qui va
récréer de l'insalubrité. Les rats vont recommencer à sortir du Barbizon."
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a "regretté" cette
évacuation "inutile".
Deux autres lieux de création parisiens sont sous le coup d'une
expulsion imminente. Un collectif d'artistes, Le Théâtre de Verre, squatte au
27, rue de L'Echiquier, dans le 10e arrondissement, un terrain
appartenant à la SNCF, qui voudrait le récupérer. La Mairie de Paris a obtenu
que la procédure d'expulsion soit gelée.
Dans le quartier de Belleville, côté 19e
arrondissement, les 125 membres du collectif La Générale, 12, rue du Général-Lasalle, devaient être expulsés eux aussi le 18
octobre. Le squat a obtenu un sursis d'une dizaine de jours.
Florian Lapeyre, membre du collectif, estime que "faire
vider les lieux par la police n'aurait pas été du meilleur effet politique au
moment où certains d'entre nous exposent à la FIAC". La Foire
internationale de l'art contemporain se tient du 26 au 30 octobre, à Paris.
DE L'USINE AU COLLÈGE
Ancienne usine à chaussures de 6 000 mètres
carrés située sur un terrain qui appartient au ministère de l'éducation nationale,
le bâtiment, occupé depuis février 2005, doit être vendu à Icade,
une filiale de la Caisse des dépôts pour y réaliser des travaux afin
d'accueillir 120 lits de l'hôpital psychiatrique de Maison-Blanche.
La Mairie de Paris veut rapatrier dans la capitale cet
établissement actuellement installé à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). La
banque souhaite réaliser la transaction au plus vite mais à condition que les
locaux soient vides. Ce qui expliquerait les menaces d'expulsion. L'adjoint
(PC) à la santé, Alain Lhostis, ainsi que les élus
communistes parisiens, dont Jean Vuillermoz,
président du groupe et membre du conseil d'administration de Maison-Blanche,
militent pour l'installation rapide de l'hôpital.
Lundi 16 octobre, le Conseil de Paris avait adopté, à
l'instigation des Verts, deux voeux demandant que soient repoussées les
expulsions du Barbizon et de La Générale. Adjoint (PS) chargé de la culture,
Christophe Girard est intervenu auprès du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, pour
demander qu'une solution de relogement des artistes soit trouvée avant
l'expulsion. M. Girard et le maire (PS) du 19e, Roger Madec, proposent que les artistes
s'installent dans une annexe du lycée hôtelier Jean-Quarré
de 2 000 mètres carrés, 26, rue du Docteur-Potain (19e).
Le ministère de l'éducation nationale n'y serait pas opposé. En
revanche aucune solution ne semble envisagée pour Le Barbizon. Dans son plan
local d'urbanisme, voté en juin, la Ville a classé ce site parmi les lieux à
vocation culturelle. "Mais nous n'avons pas l'intention de le
racheter", affirme M. Girard.
Depuis 2001, la ville a régularisé la situation de plusieurs
squats. Elle a ainsi racheté les Frigos dans le 13e et le 59, rue de
Rivoli dans le 1er. Mais du fait du coût de l'immobilier et du
manque d'ateliers, les artistes investissent les lieux
en déshérence. "Chacun de nous, affirme M. Lapeyre, reçoit
des dizaines de coups de fil par jour d'artistes cherchant un local pour
travailler."
Béatrice Jérôme
Article paru dans l'édition du 20.10.06
20 Minutes | édition du 19.10.06
Coup dur pour l'un des trois squats d'artistes parisiens menacés
d'expulsion. Hier au petit matin, les animateurs de l'ancien cinéma Le
Barbizon, situé rue de Tolbiac (13e), ont été évacués par les forces de police
et les issues ont été murées. Cette décision intervient alors que le conseil de
Paris avait voté la veille un voeu en faveur de la suspension de la procédure
d'expulsion et de l'élaboration d'un projet culturel de proximité. « La
préfecture a mis en avant des problèmes de sécurité, alors que nous faisions
signer une décharge à chaque personne qui rentre dans les locaux », a expliqué
hier le président de l'association des Amis de Tolbiac, qui organise des
projections, des pièces de théâtre et des expositions depuis trois ans et demi.
Si bien que le cinéma alternatif risque de retourner à l'état d'abandon dans
lequel il était resté pendant vingt ans.
Du coup, les
artistes squatteurs du Théâtre de Verre (10e), comme ceux du collectif la
Générale, installés depuis février 2005 dans un immeuble désaffecté de
Belleville (19e), restent sur leurs gardes. Ces derniers n'ont pas été expulsés
hier matin, contrairement à ce qu'ils redoutaient, mais « la menace d'être mis
à la porte plane toujours au-dessus de nos têtes », expliquait hier Judith, une
des artistes. L'Etat souhaitant vendre le bâtiment à l'hôpital Maison-Blanche
pour y installer une unité psychiatrique de 120 lits, des artistes ont mis à
l'abri leurs effets personnels et des sculptures, fragiles ou volumineuses. «
Au cas où. »
Laure
de Charette
20Minutes.fr avec AFP | 18.10.06 | 17h24
La police a procédé mercredi matin à l'évacuation du cinéma alternatif Le Barbizon, dans le XIIIème arrondissement de Paris, squatté depuis trois ans et demi par des artistes, a-t-on appris auprès des occupants, malgré une demande de sursis du Conseil de Paris.
"La
police est arrivée vers 7H15, c'est un véritable coup de force, alors que des
élus de Paris avait demandé qu'aucune expulsion n'intervienne pour
l'instant", a déclaré Thierry Wurtz, président de l'association des Amis
de Tolbiac, qui anime cet espace culturel.
"La
préfecture a mis en avant des problèmes de sécurité mais nous faisions signer
une décharge à chaque personne rentrant dans les locaux", a poursuivi M.
Wurtz qui a qualifié la décision d'expulsion de "stupide". "Ils
sont en train de murer les issues", a-t-il précisé.
Interrogée,
la préfecture de police n'était pas en mesure de confirmer l'opération mercredi
à 8H00.
Plusieurs
squats artistiques parisiens, sentant monter autour d'eux les menaces d'expulsion,
avaient entrepris de sensibiliser élus, associations et habitants de leur
quartier à leur combat depuis plusieurs jours.
Les
occupants du cinéma Le Barbizon craignaient une expulsion après plusieurs
visites de la préfecture et du commissariat de police.
Situé au
141 rue Tolbiac, le cinéma date du début du siècle. Abandonné pendant vingt
ans, il est occupé depuis trois ans et demi par cette association qui organise
des projections, des représentations théâtrales, des expositions et des débats
de société.
A la suite
d'une plainte du propriétaire des lieux, la Société Continental King Lung Limited, basée à Hong Kong, la justice a estimé que les Amis de Tolbiac
étaient expulsables.
Mais le
Conseil de Paris a émis lundi le voeu que la préfecture de police ne procède
pas à une mesure d'expulsion et au murage du cinéma.
Le Conseil
de Paris a également souhaité qu'aucune mesure d'expulsion ne soit mise en
oeuvre pendant les négociations en cours avec les artistes occupant depuis
février 2005, La Générale, un bâtiment désaffecté de l'Education nationale au
12 rue du Général Lasalle, dans le XIXe arrondissement.
Le Théâtre
de Verre, collectif d'artistes qui squatte un bâtiment de la SNCF, 27 rue de
l'Echiquier dans le Xe arrondissement, est lui aussi menacé d'expulsion.
|
© 2006 AFP |
Jeudi
19 Octobre 2006
L’évacuation
et l'emmurement de l’ancien cinéma Le Barbizon (141 rue de Tolbiac - 13ème arr.) ont été
opérés par la préfecture de police, le 18 octobre au matin. Bertrand Delanoë
regrette amèrement cette décision et rappelle que le conseil de Paris avait
voté, le 16 octobre, un vœu en faveur de la suspension de cette procédure.
Tout comme le maire du 13ème Serge Blisko et
Christophe Girard l’adjoint chargé de la culture, Bertrand Delanoë estime que
cette expulsion était inutile. Il considère, par ailleurs, que le projet
culturel développé depuis 3 ans et demi par l’association des Amis de Tolbiac
(après plus de vingt ans d’abandon du cinéma) répondait à l’obligation faite
par le Plan local d’urbanisme de réserver ce site au développement d’un projet
culturel de proximité, rappelée par le vœu du conseil de Paris.
Le maire de Paris craint un retour à l’abandon du bâtiment si le propriétaire
ne se manifeste pas. Il souhaite donc qu’une discussion s’engage avec lui afin
d’examiner les modalités selon lesquelles un projet culturel pourrait être mis
en place.
L’association des Amis de Tolbiac appelle au rassemblement samedi 21 octobre
2006 à partir de 17h sur les parpaings que la préfecture a laissés. Chacun
pourra participer avec ses pinceaux, couleurs, bombes, instruments de
musique en tout genre, etc. A 20h : projection sur le mur du Barbizon de Souriez,
vous êtes murés ! portant sur les événements
survenus le 18 octobre 2006 à 7h18
Une réunion est également prévue le 25 octobre à 19h30 à la Maison des
Associations située au 11, rue Caillaux (13ème arr. – métro Maison blanche).
publié par Jean-david
Boussemaer dans: Art - brèves
Fermeture du barbizon sur
ordre de la mairie et de sarkozy, quand les elus et sarkozy entendent le mot
culture ils sortent les parpaings et les matraques
Mur de parpaings
C'est avec un mur de parpaings que la préfecture de
Paris a décidé de bâillonner cet ancien cinéma réhabilité en espace culturel
polyvalent.
Sis au 141, rue de Tolbiac, à Paris 13, le Barbizon retourne
à ce silence qu'une bande de joyeux lurons étaient parvenus à rompre en
procédant à sa réouverture en 2002.
Né dans le plein essor des salles de cinéma à Paris
entre 1905 et 1914 environ. Rebaptisé le Family
Cinéma puis le Barbizon, il a été ouvert sans discontinuer de 1911 à sa
dernière séance le 23 mars 1983. Pendant 20 ans, il est resté fermé alors que
la ville de Paris manquait cruellement d'espaces où puissent s'exprimer une
Culture qui ne soit pas muselée par les nécessités de la "marchandise".
Après son ouverture en fanfare, une association -
"Les Amis de Tolbiac" - milite pour sa sauvegarde et organise de
manière entièrement autogérée des séances de cinéma, des débats et rencontres,
des pièces de théâtre, des expositions, des concerts et de nombreux évènements
festifs. Rapidement, elle reçoit le soutien d'associations, d'habitants du
quartier, d'artistes, et de certains élus de la Mairie d'arrondissement.
On assistait là à une véritable renaissance de ce
cinéma chargé d'histoire. Devenu, au fil du temps, un lieu de convergence et
d'échanges où se croisaient des individus aussi divers que variés, issus de
tous les horizons sociaux et culturels, le Barbizon instillait un peu de bonne
vie dans une ville rendue presque atone par une "certaine politique"
et ses seconds couteaux. En tant qu'alternative à l'atrophie des intelligences
que le "Spectacle" organise depuis des décennies, le Barbizon n'était
pas seul. Plusieurs autres lieux alternatifs officient aussi dans Paris et sa
banlieue. Chacun d'entre eux à ses spécificités, son "style", ses
domaines de prédilection et probablement ses défauts. Mais ils ont aussi en
commun une forte créativité qui se déploient en marge
de la Culture assise et muséologique ; en marge aussi de cette culture de
l'ennui qui tente de réanimer les rues exsangues que le petit peuple de naguère
faisait chanter sous ses pas de danse. En marge enfin des bouffonneries
médiatiques et autres opérations marketing, dont l'indigence n'a d'égal que la
pauvreté des contenus. Nombre d'entre eux sont déjà tombés avant le Barbizon.
D'autres risquent de subir le même sort après lui..
Oui... Une "certaine politique" fait son
grand nettoyage pré-électoral au karcher.
Elle veut faire place net sur l'Agora pour y installer ses imposants tréteaux
de foire et ses vendeurs à la criée. Elle veut être la seule à s'exprimer sur
la société au sein de laquelle nous vivons et agissons. Et s'il doit y avoir un
"point de vue culturelle" sur les questions de société, elle aura
recours à sa clique de " culturocrates "
dûment appointés pour l'exprimer. Va voter et tais-toi
Dès lors qu'une "certaine politique" rêve
depuis déjà longtemps d'une société lisse et homogène, pacifiée et docile. Dès
lors que son pendant économique anéantit la formidable diversité des formes que
prend la vie. Dès lors que sa myriade de technocrates transpose ce programme
d'appauvrissement à nos légumes et nos fruits, il semble logique qu'elle
cherche à en finir avec la diversité socioculturelle qui échappe encore à son
contrôle. La chute du Barbizon et des autres n'est qu'un moment de cette longue
entreprise d'éradication de toutes les "mauvaises herbes". Mais ils
sont tellement ignares qu'ils ne comprennent toujours pas que les mauvaises
herbes sont tenaces et reviennent quoiqu'on fasse car elles participent du
génie de la vie
jim
The squatter art scene in the French capital is so big it's on the tourist
trail. But now the riot police are moving in. By Angelique Chrisafis
The Guardian

Workers brick up the squatted art venue Le Barbizon.
Photograph: Dominique Faget/AFP
The riot police arrived before dawn. Dozens of officers carrying riot
shields, batons and tear gas parked their vans on an avenue on the fringes of
Le Barbizon, once one of
Like a dozen other illegal
arts venues in Paris - empty factories, warehouses and parcel depots invaded
and reclaimed by artists, designers and film-makers who can't afford the city's
studio rents - Le Barbizon was a fixture on the local
arts scene. It was supported by its neighbours, who were grateful for a
cultural attraction, and an end to the rats, and its
work was recommended by the local mayor. Thousands went to its screenings.
The raid
on Le Barbizon and the threat of a string of other
police evictions of squats artisques has panicked
culture officials at
The city
also rushed to buy up Les Frigos, empty cold-storage
units near the
squat art, inviting in installation and video artists from squats for heated
debates. The notion of le squat artisque has become
so mainstream in
But the
town hall's cultural leaders now fear the police and central government are
putting the tradition in jeopardy in a clean-up of the city.
Last
Saturday, Le Barbizon's evicted directors projected a
protest film on to their walled-up façade called: Smile, You've Been Bricked
Up. Dozens of police again pulled up in vans, cordoned off the cinema and stood
guard. Councillors pleaded with the police. Passers-by and shoppers joined the
chorus: "Cops confiscate popular culture!"
"This
is all about Nicolas Sarkozy," says Thierry Wurtz, the theatre director who ran Le Barbizon.
He sees the crackdown on the squats as part of centre-right interior minister Sarkozy's campaign to be president. Sarkozy
has already scored points, evicting hundreds of immigrants from
Across
the city, at La Générale, the biggest art-squat in
La Générale has three exhibition spaces, a cinema and a
photography lab, and has been used by more than 100 theatre companies and
various fashion designers. Le Parisien newspaper
calls it an "ideal city of art". But the building is owned by the
ministry of education and there are plans to turn it into a psychiatric
hospital.
"It
would be a scandal for police to evict us when some people here are to show
their work at
Arts
leaders at
Installation
artist Eric Baudart, 34, sells in a gallery in the
hip Marais area.
Andrei Panibratchenko, the kilt-wearing charismatic founder of the
squat, says: "Ever since Picasso and Chagall, modern artists in
"We
want to prevent an eviction at La Générale, but
whatever happens, the ethos of our project will continue elsewhere. At any
given time I know where the empty buildings are in this city and what we could
take over."
So
important is La Générale, in fact, that the French
culture minister promised this week that, although the eviction won't be
stopped, the collective would be found a new space. But whether the squatters
would want to work there remains to be seen.
Back at
the gallery on Friday evening, a group of
"I'm
not opposed to the establishment. A lot of us work with institutions,"
says Sarah Fauguet, 28, who grew up nearby and has
worked at La Générale since graduation from the
prestigious Beaux Arts college. "But we're buying
time here to create. I remember as a kid being taken by my parents to protest
outside Les Frigos, which was under threat of
eviction - now it's part of the
The
irony, however, is that it is that establishment, and the heavy bureaucracy
that goes with it, that most squatters are trying to avoid.
Email
angelique.chrisafis@guardian.co.uk